TÉLÉCHARGER BRULE EN MOI DE SCHEKINA

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Nom: brule en moi de schekina
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J'étais conscient que ma manière d'agir déplaisait à Dieu. Je ne comprends pas comment le temps a pu filer si vite. Par la suite, quand mes parents demandèrent à la donatrice pour quelle raison elle avait choisi ce cadeau particulier, elle expliqua: "J'étais dans le magasin de jouets et j'avais déjà fixé mon choix lorsque j'ai senti le Seigneur me taper sur l'épaule en me disant: Achète le camion postal jaune pour Rudi. Un soldat me poussa de nouveau dans le camion. Etais-je prêt à rendre les armes et à laisser le Seigneur prendre ma vie en main, ou allais-je continuer sur ma lancée et, peut-être, devoir affronter des conséquences plus catastrophiques à l'avenir? Son raisonnement était logique: comme il avait connu la guerre et qu'il avait toujours eu du mal à joindre les deux bouts, il voulait que son fils soit à l'abri du besoin. Dès que les bulles commençaient à se former sur le liquide, je devais le mesurer. On ne voyait rien, mais je ne relâchais jamais mon attention, même pour quelques instants.

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Je le secouai. Un objet lourd remua à l'intérieur. Ce devait être mon camion postal jaune!

Shekina: Brule en moi | Musique gospel, Danse traditionnelle, Belle chanson

Je mourais d'impatience de m'amuser avec, mais il fallait que j'attende encore quelques longues heures avant d'ouvrir mon cadeau. Enfin, à sept heures du soir, mon père entama la rituelle veillée de Noël en lisant le récit biblique de la naissance de Jésus. Je gigotais comme un ver et n'écoutais qu'à moitié, complètement obnubilé par mon nouveau camion jaune. Les chants de Noël qui suivirent me semblèrent interminables, ainsi que la prière de mon père.

Enfin, il fut temps d'ouvrir les paquets. Je déchirai impatiemment l'emballage de mon paquet oblong, et je fus Page 5 horriblement déçu de l'objet qui apparut à l'intérieur du papier déchiré.

Au lieu du camion postal jaune de mes rêves, il y avait un camion de pompier rouge. Il est en route pour éteindre un feu. Il se voit de loin! Mais leurs tentatives de me réconforter furent vaines. Je me détournai pour bouder et refusai de jouer avec le camion de pompier. Ma foi enfantine était ébranlée. J'avais prié pendant des semaines pour avoir un camion postal jaune. Mes parents ne m'avaient-ils pas enseignés que Dieu entend et exauce les prières?

Pourquoi ne m'avait-il pas répondu? Mes parents étaient aussi déçus que moi. Mais avec un budget aussi limité que celui de mon père, acheter un cadeau aussi onéreux qu'un camion postal jaune était hors de question.

Ce camion de pompier rouge bon marché était tout ce qu'ils pouvaient se permettre. Elle nous a demandé de le garder jusqu'à Noël! Je n'y pensais plus. Voudrais-tu aller le chercher s'il te plaît? Cela distraira peut-être Rudi pendant quelques instants!

Ils regardèrent tous par-dessus avec curiosité. J'ouvris mon nouveau cadeau. Après avoir ôté le papier, je poussai un cri de joie en découvrant ce qu'il renfermait: mon camion postal d'un jaune éclatant!

Par la suite, quand mes parents demandèrent à la donatrice pour quelle raison elle avait choisi ce cadeau particulier, elle expliqua: "J'étais dans le magasin de jouets et j'avais déjà fixé mon choix lorsque j'ai senti le Seigneur me taper sur l'épaule en me disant: Achète le camion postal jaune pour Rudi. À partir de ce moment-là, jamais je n'ai eu le moindre doute.

J'ai toujours été convaincu que Dieu s'occuperait de ce qui comptait pour moi. Mais je n'étais pas un saint. J'avais très mauvais caractère. Lorsque les choses ne se passaient pas comme je le voulais, j'explosais de rage. Je claquais les portes, je criais et de tempêtais. J'étais petit pour mon âge, alors que mon frère aîné, Hans, avait une taille supérieure à la normale, mais je n'hésitais pas à le provoquer. Souvent, nous en venions aux mains, et nous nous battions "à mort". Mes terribles colères me valurent quelques bonnes fessées de mon père.

Pendant un certain temps, j'étais mal à l'aise et je me calmais un peu; mais ensuite, quelqu'un me taquinait ou les choses ne se déroulaient pas comme je l'avais prévu, et j'explosais de nouveau. Page 6 Un jour, quand j'avais douze ans, mon frère Hans et moi avons entrepris de construire ensemble une charrette à bras dans notre cellier. C'était une petite pièce en pierres taillées peinte en blanc et au sol en terre battue qui servait à la fois d'atelier à mon père et de resserre de jardin.

Au milieu de notre projet, nous nous sommes mis à nous disputer. Hans exerça son autorité de frère aîné en m'écartant, mais cela ne fit qu'ajouter à mon irritation, et de tentai sauvagement de lui arracher son outil des mains. Hans le leva à bout de bras, hors de ma portée, d'un air moqueur. Ma fureur explosa comme un volcan.

Je saisis "l'instrument" le plus proche, une paire de tenailles de jardin jaunes. J'étais beaucoup plus petit que lui, mais Hans pouvait lire dans mes yeux que je ne plaisantais pas. Il regarda avec effroi mes tenailles, qui n'étaient plus qu'à quelques centimètres de sa poitrine, et il fit un bond en arrière. A ce moment-là, j'entendis un bruit de pas. Ma mère, qui préparait le repas du soir à la cuisine, descendit l'escalier de bois menant au cellier.

Elle fit irruption dans la pièce, en s'essuyant une mais sur son tablier et en remettant de l'autre une mèche rebelle dans son chignon impeccable. Tout à coup, elle s'immobilisa. Elle venait de me voir pointer mes tenailles vers mon frère et, comme Hans, elle savait que j'étais prêt à tout. Tous deux se précipitèrent hors du cellier et me claquèrent la porte au nez. La clé tourna dans la serrure.

Je posai les tenailles et tentai d'enfoncer la grosse porte en bois, mais c'était inutile. Elle était bel et bien fermée. Je la martelai de coups de pieds en hurlant. Puis, en réalisant que j'étais emprisonné par ma faute sans même avoir une fenêtre pour m'échapper, je tombai à genoux sur le sol en terre battue et fondis en larmes.

Peu à peu, ma colère s'apaisa et mes sanglots bruyants se muèrent en larmes d'apitoiement sur mon triste sort. Comment aurais-je pu aller bien dans une telle situation? Un flot d'émotions me submergea. Je savais que j'avais tort.

Pourquoi m'étais-je mis dans un tel état? J'aimais beaucoup mon frère. Je ne désirais pas vraiment le tuer. J'aurais voulu dire "Je suis désolé", mais les mots restaient coincés dans ma gorge. Tu veux bien me pardonner?

Au lieu de cela, je hurlai: "Jamais de la vie! Tous trois tentèrent de plaider avec moi derrière la porte fermée. Je ne leur répondis rien. Je me réfugiai dans un coin de la pièce, près de l'établi de mon père, et je m'assis en boudant sur le sol couvert de copeaux.

Une bonne demi-heure s'écoula ainsi. J'étais conscient que ma manière d'agir déplaisait à Dieu. Page 7 J'aurais vraiment voulu m'amender. J'avais entendu suffisamment de sermons de mon père pour savoir que je devrais me détourner de mon orgueil et de mon égoïsme.

Si je donnais vraiment ma fie à Jésus, je savais que les choses changeraient. Mais que c'était difficile! Une partie de moi-même voulait n'en faire qu'à sa tête et vivre à sa guise. Pourquoi avais-je une telle tête de mule? Durant toute ma jeune vie, mon entêtement et mes explosions de colère m'avaient posé problème. À cet instant, dans ma prison improvisée, je comprenais que j'étais arrivé à un moment décisif.

Etais-je prêt à rendre les armes et à laisser le Seigneur prendre ma vie en main, ou allais-je continuer sur ma lancée et, peut-être, devoir affronter des conséquences plus catastrophiques à l'avenir?

La foi suivante, je ne me contenterais peut-être plus de menacer mon frère. Mon caractère intraitable ne me pousserait-il pas à commettre un acte horrible en le tuant pour de bon? Je frissonnais à cette pensée. Je pris ma décision. J'allais donner ma vie à Jésus. J'entendis mes parents pousser un grand soupir. Sans aucun doute, pendant mon heure de captivité, ils n'avaient pas cessé de prier intérieurement. Ils m'ouvrirent la porte.

Tête basse, n'osant regarder personne dans les yeux, je suivis silencieusement mon père jusqu'à son bureau aux murs couverts de livres. Là, je m'agenouillai devant sa chaise en bois et en osier et je priai: "Seigneur, je te prie de pardonner mon mauvais caractère. S'il te plaît, viens régner dans ma vie. Je savais, sans l'ombre d'un doute, de quoi mon avenir serait fait.

Les rêves que j'avais échafaudés dans mon enfance n'étaient pas des fantasmes sans lendemain. Dieu voulait que je devienne missionnaire. Ma conviction demeura inébranlable pendant toute mon adolescence. Souvent, mes copains se moquèrent de ma profonde consécration au Seigneur.

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Ma positon sans compromis me fit perdre quelques amis. Mais je ne m'en formalisais pas. Je savais ce que je voulais. Depuis que je m'étais converti à Christ à l'âge de douze ans, j'avais troué ma voie, et rien ni personne n'aurait pu m'en détourne.

J'avais quatorze ans lorsque notre professeur nous donna un devoir hebdomadaire: "Tous les lundis matins à partir de la semaine prochaine, à tour de rôle, chacun d'entre vous fera un exposé de vingt minutes devant toute la classe.

Vous choisirez le sujet que vous voudrez. L'exercice portera sur l'élocution et la transmission aussi bien que sur le contenu proprement dit.

Chaque lundi, pendant que les uns après les autres, les élèves rivalisaient d'éloquence en exposant leur sujet préféré pendant vingt Page 8 minutes, je réfléchissais au sujet que je devais choisir. Un seul m'intéressait vraiment: les missions. Depuis que, deux ans auparavant, j'avais pris la décision de suivre Jésus, j'avais parlé de ma foi à beaucoup de mes camarades de classes, mais jamais je ne m'étais adressé à eux tous réunis.

Je décidai de ne pas laisser passer l'occasion. Je préparai mon sujet pendant des heures. Je projetai même de passer un film documentaire en couleurs sur l'Afrique pour étayer mes propos. Je priai avec ferveur pour que Dieu me donne les mots qu'il fallait.

Mais en dépit de tout cela, lorsque ce fut à mon tour de me lever pour prendre la parole, mes genoux s'entrechoquèrent. Quinze paires d'yeux juvéniles étaient braquées sur mon visage. Les caïds de la classe émirent quelques ricanements sarcastiques. Je pouvais presque lire dans leurs pensées. Mais d'abord, chacun d'entre nous doit s'engager personnellement avec lui. Mes paroles audacieuses clouaient mes camarades sur leurs chaises, et même les plus cyniques ne trouvaient rien à répliquer.

Jamais ils n'avaient entendu de message religieux aussi percutant. Par la suite, j'en subis le contrecoup: je fus bombardé de remarques sarcastiques et forcé d'éviter les boulettes en papier qu'on jetait sur moi avec la précision d'un missile de croisière. Ce fut la première fois que je souffris pour Christ, mais au lieu de diminuer ma foi, cette opposition ne fit que renforcer ma détermination de suivre l'appel de Dieu et de le servir.

Toutefois, le Seigneur n'était pas le seul amour de ma vie. Je me passionnais également pour la chimie. Je n'étais pas très bon en sports et j'éprouvais des difficultés dans les matières telles que le français et l'algèbre, mais je raffolais des cours de chimie à un point tel que je passais la plus grande partie de mon temps libre à mélanger des produits chimiques, à les insérer dans des tubes en métal et à y mettre le feu. J'étais fou de joie de voir ces engins partir en flèches, traverser le jardin de notre voisin et atterrir dans les champs.

Mais si j'aimais beaucoup la chimie, jamais je n'avais envisagé sérieusement d'en faire mon métier. Je n'avais qu'une seule vocation: partir en mission.

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J'avais près de seize ans et j'avais presque atteint le terme de ma scolarité lorsque mon père me convoqua dans son bureau. Assis sur la chaise en bois et en osier devant laquelle, quatre ans auparavant, je m'étais agenouillé pour m'engager à suivre Jésus, je jetai un regard furtif aux livres théologies impeccablement rangés qui garnissaient les étagères de mon père.

Un jour, j'étudierais de tels livres, et de découvrirais ce qu'ils avaient à m'apprendre sur Dieu et ses voies. Rudi, j'aimerais te parler de quelque chose". Le ton sérieux de mon père me ramena brusquement sur terre, et je dressai l'oreille. Installé derrière son grand bureau, mon père Page 9 posa longuement ses yeux gris affectueux sur moi. À l'époque, il avait pris un peu de poids, mais, comme moi, il avait été petit et filiforme dans sa jeunesse.

Il avait plus de quarante ans et ses cheveux bruns, jadis épais, commençaient à devenir clairsemés. J'avais toujours respecté mon père, et à ce moment-là, je le regardai avec sérieux.

Au cours de ma marche chrétienne, mon père avait toujours été mon principal guide. Il m'avait maintenu dans le droit chemin et donné un exemple de qualité.

J'étais persuadé qu'il allait soutenir mon ambition de toujours: être missionnaire. Mais les mots qu'il prononça ensuite me stupéfièrent: "Tu aimes les sciences. Je te propose d'apprendre le métier de chimiste. Je suis sûr que tu pourras entrer en apprentissage chez Pluss-Staufer. Pétrifié, je regardai mon père sans savoir que dire.

Mon père me coupa la parole. Son raisonnement était logique: comme il avait connu la guerre et qu'il avait toujours eu du mal à joindre les deux bouts, il voulait que son fils soit à l'abri du besoin. Mon frère aîné, Hans, apprenait déjà la comptabilité. Et à l'époque, il était inconcevable qu'un jeune homme se lance directement dans un travail missionnaire à plein temps.

Ensuite, tu étudieras la Bible. Bien qu'un peu réticent, je me soumis à son avis. À la fin de l'année, je terminai ma scolarité et, comme prévu, je signai un contrat d'apprentissage de trois ans comme technicien de laboratoire chez Pluss-Staufer. Ces années me formèrent le caractère et m'inculquèrent des principes qui me furent extrêmement précieux par la suite. Par nature, je suis plutôt fonceur, et ne me m'embarrasse pas de détails. Je suis toujours pressé d'achever une tâche afin d'attaquer la suivante.

Mais en tant que technicien de laboratoire travaillant avec de dangereux produits chimiques, j'ai appris l'importance de la précision. En chimie, une attitude négligente est inacceptable.

Nous manipulions des substances explosives qui pouvaient provoquer un accident fatal si on n'y prenait point garde. Une simple erreur risquait de nous coûter la vie, comme je l'ai appris à mes dépens. C'était au cours de ma première année d'apprentissage. On m'avait chargé de fabriquer un tranquillisant. Pour cela, il fallait faire bouillir, refroidir, mesurer et mélanger divers produits chimiques pendant plusieurs jours, et il fallait se servir d'un gaz extrêmement toxique, le phosgène.

Le cylindre d'acier peint en blanc qui contenait ce redoutable gaz arborait une tête de mort sur le côté, signe manifeste qu'il s'agissait d'une substance extrêmement puissante. Une quantité infime dans l'atmosphère pouvait s'avérer fatale. Il suffisait d'en inhaler pour mourir en quelques minutes, et si le gaz mortel franchissait les portes du Page 10 laboratoire, il pouvait tuer d'autres personnes aux alentours. Tous les techniciens du laboratoire étaient censés porter un masque protecteur, mais comme il était encombrant, nul ne se pliait à la consigne.

Une bouteille d'ammoniaque au bouchon de liège était posée à côté de nos masques inutilisés sur l'étagère. Si, par accident, nous inhalions du phosgène, respirer de l'ammoniaque constituait notre seule chance de survie.

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Comme tout le monde, je négligeais de porter mon masque à gaz, mais j'avais pleinement conscience du danger que je courais. Mon travail exigeait une concentration totale. Je traitais le cylindre blanc en acier et tous les tubes et les bocaux en verre auxquels il était relié avec une extrême méticulosité.

Un jour, alors que, comme d'habitude, j'avais revêtu mon uniforme de laboratoire d'un blanc immaculé, je pris ma clé universelle et me mis à tourner avec précaution la valve qui permettait au phosgène de sortir du cylindre blanc pour se déverser dans les tuyaux en verre. On ne voyait rien, mais je ne relâchais jamais mon attention, même pour quelques instants.

En quelques secondes, le gaz atteindrait le liquide situé dans le bocal triangulaire, au bout du tube en verre. Dès que les bulles commençaient à se former sur le liquide, je devais le mesurer. Comme d'habitude, une, puis plusieurs bulles apparurent à la surface. Tout semblait normal. Je me rapprochai pour regarder de plus près le niveau du liquide, car je devais laisser échapper une quantité précise de gaz, lorsque soudain, je sentis ce que redoutent tous les techniciens chimistes: une odeur nauséabonde qui ressemblait à du foin pourri.

Le phosgène mortel s'échappait. Oh non! L'un des tubes qui fermait l'une des valves en verre devait avoir une légère fuite! Des nuages blancs empoisonnés se formèrent autour de moi. Instinctivement, je saisis la bouteille d'ammoniaque, fit sauter le bouchon, la fourrai sous mon nez et inhalai. Je mis ensuite le masque à gaz sur ma tête.

Aurais-je la vie sauve? Mon antidote, l'ammoniaque, avait-elle rempli son rôle et neutralisé l'acide chlorhydrique qui avait pénétré dans mes poumons? L'ammoniaque avait agi! Je tournai la clé universelle pour stopper la fuite de phosgène — il s'était répandu dans toute la pièce — et m'effondrai sur un tabouret de laboratoire. Je réalisais pleinement ce qui m'était arrivé. Mais je ne m'en formalisais pas. Je savais ce que je voulais. Depuis que je m'étais converti à Christ à l'âge de douze ans, j'avais troué ma voie, et rien ni personne n'aurait pu m'en détourne.

J'avais quatorze ans lorsque notre professeur nous donna un devoir hebdomadaire: "Tous les lundis matins à partir de la semaine prochaine, à tour de rôle, chacun d'entre vous fera un exposé de vingt minutes devant toute la classe.

Vous choisirez le sujet que vous voudrez. L'exercice portera sur l'élocution et la transmission aussi bien que sur le contenu proprement dit. Chaque lundi, pendant que les uns après les autres, les élèves rivalisaient d'éloquence en exposant leur sujet préféré pendant vingt Page 8 minutes, je réfléchissais au sujet que je devais choisir. Un seul m'intéressait vraiment: les missions.

Depuis que, deux ans auparavant, j'avais pris la décision de suivre Jésus, j'avais parlé de ma foi à beaucoup de mes camarades de classes, mais jamais je ne m'étais adressé à eux tous réunis. Je décidai de ne pas laisser passer l'occasion. Je préparai mon sujet pendant des heures. Je projetai même de passer un film documentaire en couleurs sur l'Afrique pour étayer mes propos. Je priai avec ferveur pour que Dieu me donne les mots qu'il fallait.

Mais en dépit de tout cela, lorsque ce fut à mon tour de me lever pour prendre la parole, mes genoux s'entrechoquèrent. Quinze paires d'yeux juvéniles étaient braquées sur mon visage. Les caïds de la classe émirent quelques ricanements sarcastiques. Je pouvais presque lire dans leurs pensées.

Mais d'abord, chacun d'entre nous doit s'engager personnellement avec lui. Mes paroles audacieuses clouaient mes camarades sur leurs chaises, et même les plus cyniques ne trouvaient rien à répliquer. Jamais ils n'avaient entendu de message religieux aussi percutant.

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Par la suite, j'en subis le contrecoup: je fus bombardé de remarques sarcastiques et forcé d'éviter les boulettes en papier qu'on jetait sur moi avec la précision d'un missile de croisière.

Ce fut la première fois que je souffris pour Christ, mais au lieu de diminuer ma foi, cette opposition ne fit que renforcer ma détermination de suivre l'appel de Dieu et de le servir. Toutefois, le Seigneur n'était pas le seul amour de ma vie. Je me passionnais également pour la chimie. Je n'étais pas très bon en sports et j'éprouvais des difficultés dans les matières telles que le français et l'algèbre, mais je raffolais des cours de chimie à un point tel que je passais la plus grande partie de mon temps libre à mélanger des produits chimiques, à les insérer dans des tubes en métal et à y mettre le feu.

J'étais fou de joie de voir ces engins partir en flèches, traverser le jardin de notre voisin et atterrir dans les champs. Mais si j'aimais beaucoup la chimie, jamais je n'avais envisagé sérieusement d'en faire mon métier.

Je n'avais qu'une seule vocation: partir en mission. J'avais près de seize ans et j'avais presque atteint le terme de ma scolarité lorsque mon père me convoqua dans son bureau. Assis sur la chaise en bois et en osier devant laquelle, quatre ans auparavant, je m'étais agenouillé pour m'engager à suivre Jésus, je jetai un regard furtif aux livres théologies impeccablement rangés qui garnissaient les étagères de mon père.

Un jour, j'étudierais de tels livres, et de découvrirais ce qu'ils avaient à m'apprendre sur Dieu et ses voies. Rudi, j'aimerais te parler de quelque chose".

Le ton sérieux de mon père me ramena brusquement sur terre, et je dressai l'oreille. Installé derrière son grand bureau, mon père Page 9 posa longuement ses yeux gris affectueux sur moi. À l'époque, il avait pris un peu de poids, mais, comme moi, il avait été petit et filiforme dans sa jeunesse. Il avait plus de quarante ans et ses cheveux bruns, jadis épais, commençaient à devenir clairsemés. J'avais toujours respecté mon père, et à ce moment-là, je le regardai avec sérieux.

Au cours de ma marche chrétienne, mon père avait toujours été mon principal guide. Il m'avait maintenu dans le droit chemin et donné un exemple de qualité. J'étais persuadé qu'il allait soutenir mon ambition de toujours: être missionnaire.

Mais les mots qu'il prononça ensuite me stupéfièrent: "Tu aimes les sciences. Je te propose d'apprendre le métier de chimiste. Je suis sûr que tu pourras entrer en apprentissage chez Pluss-Staufer. Pétrifié, je regardai mon père sans savoir que dire. Mon père me coupa la parole. Son raisonnement était logique: comme il avait connu la guerre et qu'il avait toujours eu du mal à joindre les deux bouts, il voulait que son fils soit à l'abri du besoin.

Mon frère aîné, Hans, apprenait déjà la comptabilité. Et à l'époque, il était inconcevable qu'un jeune homme se lance directement dans un travail missionnaire à plein temps. Ensuite, tu étudieras la Bible. Bien qu'un peu réticent, je me soumis à son avis. À la fin de l'année, je terminai ma scolarité et, comme prévu, je signai un contrat d'apprentissage de trois ans comme technicien de laboratoire chez Pluss-Staufer.

Ces années me formèrent le caractère et m'inculquèrent des principes qui me furent extrêmement précieux par la suite. Par nature, je suis plutôt fonceur, et ne me m'embarrasse pas de détails. Je suis toujours pressé d'achever une tâche afin d'attaquer la suivante. Mais en tant que technicien de laboratoire travaillant avec de dangereux produits chimiques, j'ai appris l'importance de la précision. En chimie, une attitude négligente est inacceptable.

Nous manipulions des substances explosives qui pouvaient provoquer un accident fatal si on n'y prenait point garde. Une simple erreur risquait de nous coûter la vie, comme je l'ai appris à mes dépens.

C'était au cours de ma première année d'apprentissage. On m'avait chargé de fabriquer un tranquillisant. Pour cela, il fallait faire bouillir, refroidir, mesurer et mélanger divers produits chimiques pendant plusieurs jours, et il fallait se servir d'un gaz extrêmement toxique, le phosgène.

Le cylindre d'acier peint en blanc qui contenait ce redoutable gaz arborait une tête de mort sur le côté, signe manifeste qu'il s'agissait d'une substance extrêmement puissante. Une quantité infime dans l'atmosphère pouvait s'avérer fatale. Il suffisait d'en inhaler pour mourir en quelques minutes, et si le gaz mortel franchissait les portes du Page 10 laboratoire, il pouvait tuer d'autres personnes aux alentours. Tous les techniciens du laboratoire étaient censés porter un masque protecteur, mais comme il était encombrant, nul ne se pliait à la consigne.

Une bouteille d'ammoniaque au bouchon de liège était posée à côté de nos masques inutilisés sur l'étagère. Si, par accident, nous inhalions du phosgène, respirer de l'ammoniaque constituait notre seule chance de survie. Comme tout le monde, je négligeais de porter mon masque à gaz, mais j'avais pleinement conscience du danger que je courais.

Mon travail exigeait une concentration totale. Je traitais le cylindre blanc en acier et tous les tubes et les bocaux en verre auxquels il était relié avec une extrême méticulosité. Un jour, alors que, comme d'habitude, j'avais revêtu mon uniforme de laboratoire d'un blanc immaculé, je pris ma clé universelle et me mis à tourner avec précaution la valve qui permettait au phosgène de sortir du cylindre blanc pour se déverser dans les tuyaux en verre. On ne voyait rien, mais je ne relâchais jamais mon attention, même pour quelques instants.

En quelques secondes, le gaz atteindrait le liquide situé dans le bocal triangulaire, au bout du tube en verre. Dès que les bulles commençaient à se former sur le liquide, je devais le mesurer. Comme d'habitude, une, puis plusieurs bulles apparurent à la surface.

Tout semblait normal. Je me rapprochai pour regarder de plus près le niveau du liquide, car je devais laisser échapper une quantité précise de gaz, lorsque soudain, je sentis ce que redoutent tous les techniciens chimistes: une odeur nauséabonde qui ressemblait à du foin pourri. Le phosgène mortel s'échappait. Oh non! L'un des tubes qui fermait l'une des valves en verre devait avoir une légère fuite! Des nuages blancs empoisonnés se formèrent autour de moi.

Instinctivement, je saisis la bouteille d'ammoniaque, fit sauter le bouchon, la fourrai sous mon nez et inhalai. Je mis ensuite le masque à gaz sur ma tête. Aurais-je la vie sauve? Mon antidote, l'ammoniaque, avait-elle rempli son rôle et neutralisé l'acide chlorhydrique qui avait pénétré dans mes poumons? L'ammoniaque avait agi! Je tournai la clé universelle pour stopper la fuite de phosgène — il s'était répandu dans toute la pièce — et m'effondrai sur un tabouret de laboratoire.

Je réalisais pleinement ce qui m'était arrivé. J'aurais pu perdre la vie! Je ne pouvais que rendre grâces à Dieu de m'avoir préservé d'un accident fatal. Mais j'avais bien appris ma leçon. À partir de ce moment-là, je vérifiai et revérifiai soigneusement mes instruments. Et même s'il était très encombrant, je n'omis plus jamais d'enfiler mon lourd masque à gaz à titre préventif.

Page 11 Au cours de mes trois ans d'apprentissage de technicien de laboratoire, bien des fois, le travail me pesa beaucoup. Nous devions consigner chacun de nos faits et gestes dans de volumineux rapports.

Je trouvais cela fastidieux et monotone. D'autre part, je devais obéir aux ordres des autres, ce qui ne m'était pas facile. J'étais très indépendant de nature. Comme l'indiquait mon prénom, il y avait des moments où je voulais tout arrêter et me consacrer à ma véritable vocation de missionnaire.

Au lieu de cela, je redoublai d'ardeur et appris à fond mon métier. À tel point qu'au cours des deux années qui suivirent, de façon sournoise et imperceptible, ma vocation missionnaire s'étiola quelque peu. Je me consacrai à fond à mon métier de chimiste et passai souvent mes soirées à poursuivre des expériences pour le compte de mon entreprise.

Certes, j'étais toujours impliqué dans le travail que l'église effectuait auprès des jeunes, et ma foi était toujours ardente. Mais l'appel missionnaire qui m'avait tant préoccupé au cours de mon adolescence diminuait peu à peu. Je jouissais de la sécurité d'un bon métier et j'étais ravi de voir mon compte en banque se remplir. À mon insu, le but de ma vie se modifia. Je me mis à envisager de devenir chercheur chimiste de carrière.

Mais au cours de ma troisième année d'apprentissage, Dieu intervint de façon magistrale pour changer la direction de ma vie et me ramener dans ses voies. Notre famille était très hospitalière. Lorsque nous avions des invités, ma mère mettait les petits plats dans les grands: légumes du jardin, steak frites et succulent dessert composé d'une tarte aux pommes meringuée. Tout cela changeait agréablement de nos sempiternelles pommes de terre rôties et de nos saucisses.

Entre autres, j'appréciais donc la venue de visiteurs parce que leur présence améliorait considérablement notre ordinaire. Mais un jour, un invité vint nous offrir un menu spirituel exceptionnel. Adolf Schnegelsberg était un homme d'affaires allemand prospère. Il venait de la région de Stuttgart, d'où ma mère était originaire. J'avais alors vingt ans, et ma vie spirituelle était au plus bas. Certes, j'allais toujours à l'église et je lisais fidèlement ma Bible, mais ma consécration à Dieu était émoussée.

Adolf, qui resta chez nous pendant quinze jours, nous apporta une bouffée d'air frais. Nous passâmes des heures à discuter autour de la table familiale après le dîner. Cet Allemand d'environ quarante-cinq ans, nerveux et énergique, avait un zèle et un enthousiasme pour Jésus que je n'avais encore jamais vus auparavant.

Son dynamisme ranima ma vie spirituelle languissante. Je l'écoutai avec passion me parler des réunions de plein air qu'il organisait tous les samedis dans un jardin public de Stuttgart. Il avait amené tant d'âmes au Seigneur que j'eus honte de mes timides tentatives de partager ma foi avec mes collègues du laboratoire Pluss-Staufer.

Page 12 Je n'en avais pas encore amené un seul au Seigneur. Souvent, ils juraient et faisaient des plaisanteries douteuses en ma présence, mais je n'avais jamais osé soulever la moindre objection. À ce moment-là, en entendant Adolf raconter les prouesses qu'il avait accomplies pour le Seigneur, je ne fus par fier de moi.

J'aurais voulu être comme lui. Je désirai alors retrouver le zèle ardent qui m'animait lorsqu'à quatorze ans, j'avais proclamé hardiment ma foi devant ma classe. Pourquoi étais-je devenu si timoré? Qu'est-ce qui m'avait fait perdre mon audace? Cela me vexa. Je ne lui répondis rien, mais je fus mécontent qu'il m'ait suggéré qui manquait une certaine dimension spirituelle à ma vie. J'avais grandi dans l'église. Tous les dimanches, j'avais entendu mon père prêcher la Bible.

Nous avions des cultes de famille réguliers, et je passais moi-même du temps devant Dieu. Je connaissais la Bible à fond. J'étais certain de tout savoir sur le Saint-Esprit.

Notre dénomination n'avait pas de croyances "pentecôtistes", mais ma mère avait fait une expérience personnelle avec le Saint-Esprit, et elle me racontait parfois une vision ou une prophétie qu'elle avait reçue.

À l'occasion, elle s'exprimait même dans une langue inconnue — les "langues" d'Actes 2 dont me parlait Adolf.

Mon père tolérait ces manifestations du Saint-Esprit, mais jamais il ne les provoquait ni n'affirmait, comme Adolf, que tout le monde avait besoin d'en faire l'expérience. De nouveau, je fus vexé. J'étais satisfait tel que j'étais. Je n'avais pas besoin du Saint-Esprit. Du moins, pas à la manière dont Adolf m'en parlait.

Et pourtant, sa foi hardie et révolutionnaire m'avait beaucoup stimulé. Je voulais à tout prix me débarrasser de la chape de timidité dans laquelle je m'étais engoncé ces dernières années. Je désirais sortir dans les rues et arpenter les jardins publics comme il le faisait.

Mon appétit spirituel avait été aiguisé.

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Je me demandais si j'irais au camp de janvier ou non. Une partie de moi-même avait envie d'y aller, une autre résistait. Pendant plusieurs jours, j'hésitai sur la conduite à tenir, mais en fin de compte, la veille du départ d'Adolf, je résolus d'y aller. Bien que nous n'en ayons jamais parlé, il s'était certainement rendu compte du combat intérieur que j'avais mené. Le responsable de notre groupe de jeunes résolut aussi de s'y rendre. Le camp avait lieu dans un chalet style Forêt Noire situé dans les bois, non loin de Stuttgart.

Ils se connaissaient déjà tous. Je me sentis mal à l'aise et me demandai pourquoi j'étais venu. Ce soir-là, la réunion ne ressembla à aucune de celles que j'avais connues auparavant. C'était la première fois que je voyais des gens battre des mains. Cette pratique n'avait pas cours dans notre église, tandis que pendant ce rassemblement, pratiquement tous les chants, conduits par un pianiste et plusieurs guitaristes, étaient ponctués d'énergiques battements de mains.

Chez nous, nous n'avions qu'un orgue traditionnel. Ce tapage me semblait bizarre et presque irrespectueux.

Mais au bout de deux ou trois jours, l'enthousiasme contagieux de tous ces jeunes commença à faire fondre ma résistance. Comme avec Adolf, j'étais fasciné par leur amour et leur consécration à Dieu. J'avais soif de ce qu'ils possédaient! L'enseignement était plus difficile à digérer.

J'avais toujours appris qu'on reçoit le Saint- Esprit lorsqu'on se convertit. Dans ce camp, les responsables prétendaient qu'il y avait quelque chose de plus. Après une réunion, je pris à partie l'un des dirigeants du camp. Mais être rempli de l'Esprit, c'est autre chose! Il feuilleta sa Bible et s'arrêta à Actes 8. Mais ils n'ont été remplis du Saint-Esprit que plus tard, lorsque les apôtres Pierre et Jean sont venus de Jérusalem et leur ont imposé les mains.

Mais regarde ce qui s'est passé dans Actes 19, quand Paul a rencontré les Ephésiens. Il leur a demandé s'ils avaient reçu le Saint-Esprit quand ils avaient cru. Si nous recevons automatiquement la plénitude de l'Esprit lorsque nous nous convertissons, Rudi, pourquoi Paul a-t-il posé cette question? Les versets cinq et six le rendaient encore plus clair.

Les Ephésiens n'avaient reçu que le baptême de Jean. Paul les avait rebaptisés au nom de Jésus, puis leur avait imposé les mains. Le Saint-Esprit était alors venu sur eux; ils avaient parlé en langues et prophétisé. Ma chère position théologique était fortement ébranlée. Comme je croyais fermement en la Bible, je ne pouvais nier les affirmations des Ecritures.

Et pourtant, je voulais avoir des certitudes absolues. Notre responsable du groupe de jeunes de l'église et moi, nous eûmes de longues discussions qui se prolongèrent souvent tard dans la nuit.

Je passai aussi du temps à arpenter seul les bois enneigés qui entouraient le lieu du camp. Je veux tout ce que tu as prévu pour moi, mais je dois savoir la vérité.

Ce baptême de l'Esprit vient-il vraiment de toi? La réunion du soir avait été remplacée parce que les responsables nommaient un moment "d'attente" ou "de recherche" au cours duquel on priait pour tous ceux qui désiraient recevoir la plénitude de l'Esprit. Tout d'abord, on nous expliqua quelques points doctrinaux. En les écoutant, je réalisai que j'avais déjà découvert plusieurs de ces points tout seul et que j'étais parvenu aux mêmes conclusions.